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L’alcoolisme

Comment me débarrasser de la dépendance de l’alcool ?

L’alcoolisme fait 45 000 morts par an en France.

Vous pouvez être dépendant de l’alcool sans forcément être ivre. La plupart des personnes qui ont un problème avec l’alcool sont convaincues de pouvoir s’en passer à tout moment.
La dépendance à l’alcool peut s’installer insidieusement.

Le ministère de la santé a édité le Guide pratique pour faire le point sur votre consommation d’alcool. Il recommande une moyenne quotidienne d’alcool pur à ne pas dépasser : 20 g (2 verres de vin) pour les femmes, 30 g (3 verres de vin) pour les hommes.
Un besoin régulier au-delà de ce stade nécessite un avis médical de votre généraliste.
En effet, le risque est d’être devenu dépendant de l’alcool.

Par ailleurs, l’alcool augmente certaines maladies.
Il est utile de rappeler qu’il y a la même quantité d’alcool dans un demi de bière, une coupe de champagne, un ballon de vin, un verre de pastis…
Tous les alcools représentent le même danger.

Si vous avez une consommation excessive d’alcool, la première chose à faire est de le reconnaître honnêtement.
Quelques précautions et de la volonté vous permettront de vous en sortir.
Si vous avez besoin que l’on vous aide, recherchez quelqu’un de confiance qui pourra vous écouter et vous conseiller ; réfléchir avec vous aux causes, aux raisons qui vous incitent à recourir à l’alcool.

Vous pouvez aussi vous adresser à un organisme spécialisé :

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Témoignage de Suzanne, rapporté par Gabrielle Keller de l’Armée du Salut avec leurs autorisations
Suzanne (37 ans) ne ressemble pas à une alcoolique : silhouette sportive, cheveux foncés vigoureux, de grands yeux éveillés. En plus elle a de la répartie, de l’humour et est cultivée. Personne n’est au courant de sa dépendance qui a duré plus de 20 ans, même pas son compagnon.
J’ai entendu parler de Suzanne par le biais d’un forum Internet : Lorsque je l’attends dans le café, je ne sais pas ce qui m’attend. Je me suis surprise à penser de façon stéréotypée, j’avais aussi une idée préconçue d’une alcoolique : cheveux poisseux, teint jaunâtre, regard confus. C’est le contraire qui est le cas.
Radieuse, Suzanne s’approche de ma table et se présente.
Suzanne raconte comment elle a commencé à boire à 16 ans. A l’époque, l’alcool n’était pas à son goût, mais elle voulait être cool : « Lorsque les autres se mettaient à boire, ils devenaient amusants, moi par contre, je perdais toute retenue ». A 20 ans, elle buvait déjà régulièrement, également pendant sa grossesse. «Je pensais qu’une fois devenue mère, tout changerait », m’explique-t-elle tristement. Son mari l’a quittée pendant sa grossesse, ce qui a eu pour conséquence qu’elle a encore bu davantage avec des phases d’abstinence toujours plus courtes. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle ne pouvait plus s’arrêter du tout.
Suzanne n’a pas vu grandir son enfant ; elle a pourtant élevé sa fille elle-même. Cela a été difficile, notamment au niveau financier. « J’ai manqué tellement de choses », dit-elle, « combien de matinées ai-je passées avec des maux de têtes insupportables demandant à ma fille de ne pas faire de bruit en jouant ».
Les phases de récupération entre les attaques devenaient toujours plus difficiles.
Les récits de Suzanne sont dramatiques. Par exemple, lorsque avec une cousine, elles sont allées en montagne et que le soir elle voulait encore aller chercher du ravitaillement dans un bar à vins : la police l’a retrouvée le jour suivant dans une paroi rocheuse avec 2,5 pour mille dans le sang. Elle criait à l’aide. On n’a retrouvé la voiture qu’une semaine plus tard. Suzanne ne se rappelle plus ce qui s’était passé. Les souvenirs qui lui restent sont le danger de mort et des égratignures sur tout le corps.
A ce jour, même son partenaire ne sait rien. «Je suis devenue une championne du monde du mensonge. » Elle trouvait des explications crédibles pour tout. Un soir, en présence de sa mère, la petite fille a crié : « Non maman, ne recommence pas à boire du vin!» Cela a pénétré Suzanne jusqu’à la moelle des os. Peu après, elle a pris la décision de rompre avec l’alcool. Elle a cherché de l’aide sur internet et est ainsi tombée sur le forum de la Croix-Bleue.
Cela fait maintenant plus deux ans que Suzanne n’a plus bu une goutte d’alcool. Et pourtant le travail de Suzanne ne fait que commencer : « Ce n’est pas l’alcool qui me manque le plus, c’est plutôt ce perpétuel fardeau qui me pose des problèmes, à savoir ne jamais pouvoir déposer cette charge et oublier », dit-elle. Suzanne lutte pour garder le contrôle. Et pourtant cette envie de se soûler, de prendre une cuite est toujours là. « Si j’étais croyante, ce serait peut-être plus facile ».

Il existe aussi l’association "Croix Bleue".
Les personnes dépendantes sont parainées par une autre personne qui a pu être elle aussi dépendante ou non. La personne s’engage et signe avec son parrain (sa marraine) pour un temps d’abstinence, qu’elle choisit en toute liberté. 

J’ai hélas été confrontée à mon mari qui est devenu alcoolique sans vraiment que je m’en aperçoive.
Je travaillais dans le commerce, donc obligatoirement le samedi et c’est là que pendant mon absence tout a commencé ; peut-être s’ennuyait-il, mais j’opterais plutôt pour un penchant pour l’alcool qui au début bien entendu (comme toute drogue) vous procure une sensation de bien être. A ce moment là nous étions jeunes mariés, sans enfant, et recevions souvent des amis, ce qui faisait que nous avions un petit secrétaire faisant office de bar, qui contenait quelques apéritifs et digestifs entre autres… pour lorsque nous recevions. Il buvait donc en cachette en se servant dans cette petite réserve et remplaçait au fur et à mesure les bouteilles qu’il vidait, par des neuves qu’il rachetait. Ayant une confiance absolue en lui, je n’ai rien vu pendant longtemps.
Ce n’est qu’au fil du temps que je me suis rendue compte qu’il changeait, qu’il devenait nerveux, ombrageux, irritable, instable et insociable, et qu’hélas il n’y avait pas que son caractère qui changeait, car physiquement aussi je ne le reconnaissais plus : son regard n’était plus le même, son corps s’était beaucoup empâté ainsi que son visage qui était devenu boursouflé avec un teint brouillé. C’est alors que je me suis soudain trouvée désemparée devant ce que je n’ai pu que constater !!!! Lorsque je me suis rendue à l’évidence, j’ai décidé franchement de lui en parler. C’est alors qu’au lieu de le calmer, cela l’a comme soulagé et il s’est alors mis à boire sans se cacher et ma vie a glissé rapidement vers un véritable enfer. Tous les soirs, il se remplissait d’alcool au lieu de manger, il allait même jeter la nourriture que j’avais préparée avec amour et qui était dans son assiette, directement à la poubelle sans la toucher.
J’ai tout essayé pour le sortir de là, mais il a toujours refusé d’admettre la réalité et c’était difficile d’en parler à quiconque (famille ou amis) car comme il ne buvait qu’à la maison, les quelques personnes avec qui j’ai abordé le sujet ont eu tendance à me dire qu’il ne fallait pas exagérer… qu’un homme est un homme et qu’il peut boire un petit coup. Je suis donc restée seule face à lui et son ennemi l’alcool. Je l’aimais infiniment, je l’ai supplié de se remettre en questions, pour nous, pour lui, mais il est toujours resté hermétique à toutes discussions, restant sur ses positions, préférant s’enfoncer à petits feux dans cette spirale infernale qu’est l’alcoolisme.
J’ai vécu 17 ans avec lui une vie très difficile, et je dois avouer que j’ai été obligée de prendre la décision de le quitter et de demander le divorce car il était devenu imprévisible et dangereux pour moi et notre fille qui avait alors 6 ans. J’ai choisi de PARTIR afin d’essayer de me RECONSTRUIRE avec notre fille plutôt que de PERIR avec lui face à un destin qui avait de moins en moins d’avenir. Huit ans après notre divorce, (bien que s’étant remarié un an après), il est malheureusement mort tragiquement, tout seul, il n’avait pas 50 ans.

Ce sujet est extrêmement délicat et difficile car l’homme ou la femme qui boit cache toujours une immense détresse, une honte, une culpabilité.
Je n’ai pas été confrontée personnellement à ce qu’est l’alcool mais j’ai été touchée dans mon entourage direct, petite fille avec une maman qui en était arrivée à faire des crises de delirium tremens en se réveillant la nuit en état de torpeur et disant voir des rats dans tout l’appartement. J’avais environ 8 ans et ma petite sœur de 4 ans ma cadette se cachait contre moi en hurlant de peur lorsque dans la nuit notre maman avait des crises. Bien que mariée et mère de famille, notre maman était seule, perdue, affaiblie ne pesant plus que 45 kilos pour 1m68, elle n’avait même plus le courage de s’occuper de nous et de nous faire à manger. Mon père qui, bien que responsable en grande partie de l’état de ma mère (pour diverses raisons), ne voulait pas se rendre à l’évidence, à ce moment-là a parlé de divorcer, de nous reprendre moi et ma petite sœur avec lui, sans se préoccuper de ce que deviendrait notre maman après une telle décision de sa part.
C’est alors qu’une partie de la famille s’est mise d’accord pour parler à maman, chaque personne l’a fait individuellement avec ses mots et sa sensibilité et ça s’est terminé par une acceptation de sa part pour se faire hospitaliser afin d’être désintoxiquée. Après cette cure de désintoxication, notre maman est revenue à la maison, elle a repris tout doucement du poids, goût à la vie et avec un entourage familial qui a continué à être attentif (surtout sa sœur qui a toujours veillé à ce qu’elle ne rechute jamais). Tout est rentré dans l’ordre avec le temps, mon père s’est montré plus aimant, moins dur et notre famille a réussi à retrouver des raisons d’apprécier la vie. Maman n’a jamais retouché une goutte d’alcool durant le reste de son existence.

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